25 septembre 2006

Un vrai temps de Bretagne


Tout le monde vous le dira, sauf les Bretons : en Bretagne il pleut tout le temps.

C'est pour ça qu'on a eu une semaine magnifique, avec du ciel bleu et du beau soleil, une mer bienheureuse et des paysages de rêve. Comme en Bretagne il pleut tout le temps, il y avait nous et les Bretons. Comme en Bretagne il pleut tout le temps, on a pu aller à Belle Ile et à l'Ile aux Moines. Comme en Bretagne il pleut tout le temps, on a pu visiter Vannes, encore une fois, parce qu'on ne s'en lasse pas. Comme il pleut tout le temps, on a pu voir des mégalithes vieux comme le monde et des châteaux flamboyants. Comme il pleut tout le temps, il a fallu boire un peu, pour se donner le moral. Comme il pleut tout le temps, on a mangé à la terrasse des restaurants, on a humé l'air du large, fait du vélo, marché sur la plage, pris des couleurs, et on n'a pas vu le temps passer.

Et puis, quand on est arrivé à la maison, dans le Sud, où il fait toujours beau, il pleuvait.

01 septembre 2006

J'en ai pas !



Je suis foutue. Je n'en ai pas.

Je ne pense qu'à ça. Comment faire ? Où la trouver ? Comment m'en passer sans être rédhibitoirement ridicule ? Me la fabriquer ? Comment faire les petites fausses poches pour passer les mains ? Où trouver le tissu ? Gris clair ou gris foncé ? Tweed ou uni ?

Tout le reste soudain paraît secondaire. La voiture en panne, le boulot qui flanche, le roman qui n'en finit pas.

Ils l'ont dit ce matin à la radio : cet hiver, le manteau sera ringard, ce qu'il faudra avoir, c'est une cape grise.

21 août 2006

Blonde ?

Oui, il faut l'avouer, ma tête est un sujet de conversation. Si, si.. ça fait sourire, quand même. Oh ! mais comme ça te change ! comme ça te va bien ! ça te rajeunit ! ça fait plus naturel ! On ne rit pas. Moi, quand je passe devant un miroir, je fais un bond. Mais qui c'est, là, cette espèce de punkette dans ma salle de bains ? Qui c'est, là, ce poussin jaune vif qui met mes vêtements ? Qui c'est, là, cette botte de paille ébouriffée qui conduit ma voiture ? Ah, oui, bien sûr, c'est moi. Enfin, une autre moi.

 

08 août 2006

Mozart et autres


Alors on imagine la Cité de Carcassonne, énorme, écrasée de chaleur, grouillante de touristes en short, des filles en vêtements minimalistes, des gosses hurlants. Ensuite, on imagine la montée de la rue principale, et, de-ci de-là, des femmes en robe longue, de jolis tissus et des la maille fluide, des hommes en tenue de ville, on imagine des escarpins rouges et des chaussures italiennes.

Ensuite, on imagine le théâtre dans les murailles, la scène vide et les spectateurs qui arrivent.

Après, on imagine l'orchestre qui s'installe, le silence qui se fait, et dans la nuit qui descend doucement, le chef d'orchestre qui arrive, faisant voleter les pans de sa queue de pie.

Et puis tout ça on le vit, on le traverse, on applaudit, on en perd le sens des réalités, on est avalé par la puissance de la musique. Quand les cantatrices entrent en scène, on est déjà cuit. Quand leurs compagnons les rejoignent, il ne nous reste plus que deux yeux pour ne pas en perdre une miette, deux oreilles pour ne pas laisser passer le moindre son, et deux mains pour applaudir à tout rompre. Ensuite, les cent choristes entrent en scène, et ne nous laissent aucune chance. Ce Requiem qui est donné, c'est notre messe de mort. Il ne reste de nous que ce que la musique veut bien que nous soyons. Quand tout est terminé, on n'a plus qu'à survivre.

Alors, on descend la rue principale, les talons hauts se coincent dans les pavés, on fredonne un peu, le souvenir déjà remplace le vécu.

07 août 2006

Pas le temps !

A la maison, pas de PC opérationnel, au bureau, pas le temps !
Aline Therapie est donc au repos...
Vive la rentrée !

20 juin 2006

Petit inventaire des choses qui vont de travers

Non, bien sûr que non il n'y a pas de quoi se réjouir. Récapitulons :
-moratoire sur la chasse à la baleine : il paraît qu'il est urgent de recommencer à les chasser. Offrons-nous donc un voyage pour aller voir des cétacés. Dans 50 ans, on parlera des baleines comme des dinosaures.
-mal-logés : on peut travailler 8 heures par jour, percevoir un salaire et pour autant ne pas pouvoir vivre ailleurs que dans un taudis. Des enfants grandissent dans des endroits où je ne voudrais pas passer une nuit. Je parle de la France, bien sûr.
-politique : entendu ce matin sur France-Inter. Des "jeunes des cités" questionnés sur leurs intentions de vote aux présidentielles disent vouloir voter pour "Dominique" (De Villepin) parce que c'est le seul qu'ils connaissent avec Sarkozy et que ce dernier est trop sévère. La gauche ? C'est quoi ? Jamais entendu parler. Personne de gauche ne visite les banlieues qui font peur.
-économie : le député du Lot a obtenu une subvention exceptionnelle de 140.000 euros pour renflouer son amie maire de Gourdon, qui a engagé des dépenses un peu excessives dans sa commune, et n'arrive pas à payer les travaux du somptueux centre sportif qu'elle a eu envie de créer. Nous, je, payons pour compenser des erreurs grotesques. Qui dit quoi ?
-Télévision : Ardisson arrive sur Canal Plus. La fin d'un monde. Je me souviens de cette interview du patron de Canal, voilà 10 ans, certifiant que "jamais Ardisson ne travaillerait sur Canal car il n'est pas démocrate" et qu'il était "hors de question que quelqu'un qui prônait le retour de la monarchie et l'abolition de nos institutions" ait voix au chapitre sur cette chaîne. Les dirigeants passent, Ardisson demeure. Honte sur nous qui ne voyons pas arriver l'orage.
-SIDA : les homosexuels se protègent de moins en moins et développent des MST. Suicide ?

Mon monde s'enfonce et va peu à peu disparaître.

Du talent, vite !


A 17 ans et demi, il avait déjà parcouru le globe. A 20 ans il avait déjà connu le succès. A 30 ans la guerre, les femmes, la célébrité. A 40 ans, il avait parcouru le monde dans tous les sens. Là où il fallait être au moment où il fallait y être. Et le talent, bon sang, le talent ! La facilité de la plume, les idées claires, le verbe précis, l'image lumineuse. Alors bien sûr on peut toujours dire qu'il aimait l'argent et préférait publier quelque chose de médiocre pourvu que ça lui rapporte, on peut dire qu'il était drogué, alcoolique, macho et pétri de préjugés. On peut dire n'importe quoi : personne d'autre que Joseph Kessel n'a vécu le 20ème siècle aussi bien que lui.

05 juin 2006

Venise, Cauterets, Carcassonne...


Etrangeté de notre époque ? Voyager arrive à me sembler normal. Je me gronde : regarde autour de toi, tout le monde ne voyage pas, et pas seulement par manque d'envie. Oui, c'est un privilège.
Privilégiée, donc.
C'est curieux, c'est comme si un matin on se réveillait Miss Monde, ou l'homme le plus riche de France (ou le vainqueur de la course autour du monde à la rame. Si, si, ça va exister bientôt, on n'arrête plus le progrès). On est pourtant toujours la même personne, en DEDANS. Mais on nous regarde différemment. Je ME regarde différemment. Et comme Miss Monde qui a peur de devenir vieille ou moche (les deux à la fois, oh quelle horreur, rien que d'y penser elle prend une ride) ou Monsieur Riche qui a peur des mauvais placements, je n'ose même pas imaginer que cela peut changer.
Venise, Cauterets, Carcassonne, perles de mon collier de satisfactions, maillons de ma gourmette de faiblesse, je vous aime.

14 mars 2006

Belle ?

Hier Marie passant par là m'a dit :
-tu as de la chance, en prenant de l'âge tu es de plus en plus jolie. On doit te le dire souvent...
-Non, tu es gentille, mais personne ne me dit ce genre de choses.
-Personne ? Mais ta mère doit bien te le dire, que tu es belle ???

J'ai découvert grâce à Marie qu'il y a des mères qui font des compliments à leurs filles. Dans quel monde étrange vivons-nous ? Je croyais qu'une mère c'est quelqu'un qui trouve que sa fille est moche.

18 février 2006

C'est quoi ?


C'est quoi ? de la fatigue ? de la lassitude ? un virus ? je suis fa-ti-guée. Envie de rien, sauf de pleurer sur mon sort. Désolée de me voir ainsi. Chiffon à la main, je récure la maison en reniflant. Fatiguée, je bouge encore. J'avais lu dans le New York Times (merci Libby) un article parlant de la fatigue devenue chronique des français, suite au passage aux 35 heures.... mais moi je ne fais pas 35 heures, je suis en repos plusieurs semaines par an, et j'alterne les périodes de grande énergie et celles de profonde fatigue.Voilà tout juste une semaine, j'étais dans une forme... extraordinaire. Il m'a suffi : d'un prof de fac absent, d'aller-retour inutile à Toulouse, de Saint Valentin transparent, du retour de la pluie, des embouteillages du vendredi soir, et du triste constat de ma vie de tous les jours pour que toute la belle énergie emmagasinée dans les Alpes fiche le camp. Demain peut-être irai-je mieux.

15 janvier 2006

Les bonnes résolutions d'Aline Thérapie


2006 !
Mon fan-club me fait remarquer que mon blog est au point mort et que je ne me foule pas trop... c'est vrai.
J'aurais des tas d'excuses pour justifier cette absence. La vraie raison est que le temps passe sans me laisser de répit. Quand j'ai une heure devant moi, j'avance la rédaction DU roman. Selon mon expression favorite "je n'en vois pas la fin" mais en fait si, et c'est bien ça le souci.
Depuis que j'en connais la fin, j'ai perdu la flamme.
Le dimanche devrait me donner le temps d'écrire. Au lieu de quoi, le seul fait d'allumer mon PC me transforme en fée du logis. Le chiffon à la main, je traque taches et poussières dans l'espoir de décaler le moment de m'asseoir devant mon écran. Ensuite je me connecte sur le Net, et je navigue. Je visite quelques blogs, vois avec satisfaction que mes copines ne sont pas plus acharnées que moi à les mettre à jour... ensuite je tourne et vire quelques quarts d'heures de plus... et le soir vient sans que j'aie écrit plus de 2 pages. Dans le meilleur des cas, 2 pages.
Mon souci de cette semaine est simple : Claire, personnage important, qui me ressemble assez, peut-elle avoir une liaison secrète avec son voisin ? Bien sûr on ne comprendra pas mon hésitation... en littérature, tout est possible. Oui, mais Claire me ressemble beaucoup. Est-il possible de lui prêter une telle liaison ? Ca ferait pourtant une fin vraiment formidable à mon roman. Il va falloir que je me fasse violence pour lui accorder ce droit. Le "lui" accorder ? allez, je vois bien que vous aussi, ça vous fait sourire...

08 octobre 2005

les premiers pas...

Voilà le mail de Julien. Savoureux.


salut msieur dame!

bon, ca y est me voici jette dans le train de la vie romaine! et c'est tres exaltant!quant on parlait, il y a qq mois, d'une initiation au monde, facon XIX°, on n'était pas loin! je suis par exemple en train d'apprendre à donner du Monsignore, Eccelenzza, etc, et à le donner aux bonnes personnes, ce qui n'est pas toujours évident ( eh oui, la premiere gaffe diplomatique a eu lieu: j'ai bien vu que mon "bonjour Monsieur", à l'evèque de san luigi dei francesi a crispé un peu les visages. ah, et un autre truc pas mal aussi, c'est que j'ai pris rdv avec un archeveque, tout fier, pour traiter avec lui d'un dossier, mais un mal entendu a fait qu'il n'a pas saisi que je n'étais que stagiaire... du coup il m'a dit qu'il se déplacerait! "faute de protocole"mon cher segol! car un personnage plus important que moi ne doit jamais se déplacer... oups! du couip la secréatire l'a rapelé en lui précisant bien que j'étais stagista, et puis elle est revenue me trouver en me disant : bon, alors en fait c'est toi qui bouges!...)
voilà les aléas des premiers jours
pour l'instant je suis logé dans un petit studio fort sympa que me loue a prix symbolique l'ambassade, et je commence enfin, apres qq jours de grosse loose, a avoir du boulot (on m'a placé sur le chapitre musical; je dois chercher une solution pour permettre a la chapelle vocale de la trinité des monts-des musiciens pro!, genre la chapelle royale de versaill- de ne pas fermer)ce qui m'a valu ce matin de rencontrer le maitre de chapelle. comme le courant passait bien (et comme aussi, sans doute ili a senti que je n'attendait que ca!!) il m'a demandé de chanter un peu pour voir... et du coup il se propose de me prendre comme élève!!!!
au fait :j'ai été pris au X°, et à l'unanimité, s'il vous plait! ma prof, qui était dans le jury, m'a raconté que chaque prof me voulait ds sa classe, et que là,elle était intervenue, en disant qu'ils m'avaient refusé l'an dernier, mais qu'elle m'avait pris malgré tout et formé durant un an; et là dessus elle a dit qu'elle tenait à ce que j'entre ds la classe de Mme Alcantara (the best, elle enseigne aussi au CNSM), qui fut beinn contente!
hein, c'est-y pas la classe? j'étais fier comme un coq quand elle m'a raconté tout ca!
voilà, donc tui l'auras compris, je suis enthousiaste et pret a affronter à peu pres n'importe quoi; maintenant que je tiens ca, je suis serein.
ici, le personnel est super sympa, l'ambiance carrément familliale, meme avec les diplomates, c'est un régal. (la touche exotique du moment, c'est quand meme la visite de l'ambassadeur- lequel m'avait fait faire antichambre pendant 2heures la veille pour finalement sortir de son bureau en trombe et m'annoncer tout en filant à travers le couloir et sans meme se retourner "je suis confus de vous avoir fait attendre, on se voit demain!- qui vient donc me trouver dans le bureau ou il m'ont installé -bureau qui tient davantge du bunker que du lieu de travail du stagiaire lambda, vu son exiguité,son emplacement de choix au sous sol, son plafon bas à 1m90 et son absence totale de fenetres...- et me questionne, non pas sur ce qui m'a amené à choisir le poste du vatican, ce que j'en connais etc, -ce qui m'arrangeait un peu, au fait, parce que "ben, j'aime rome" ca fait toujour un peu court dans ces cas là- mais sur mais activités musicales: "vous chantez? tres bien! vous pourrez répéter ici vous savez, ca ne genera personne! le précédent stagiaire y travaillait son violon!"
voilà, donc c'est un peu degeanté, tres drole, et ca commence a devenir interessant
le seul point noir pour l'instant, c'est l'environement béniouioui dans lequel on baigne, mais bon, on s'accomode, et puis, une fois refermée la porte du bureau on en rit à coeur joie avec les secrétaires!
bon, à plus pour la suite des aventures
et au plaisir
julien







07 octobre 2005

Julien

Contre toute attente, je viens de recevoir un long e-mail de Julien, sur ses premières impressions romaines. Je suis ravie. Le petit monde de l'ambassade me fait penser aux petits mondes de David Lodge, je lui en ai fait part. Je crois que je vais publier son mail dans le blog. Quelques heures de réflexion avant de le faire...

27 septembre 2005

Espagne : 1 - Allemagne : 0

L'Espagne, l'Allemagne, les espagnols, les allemands...
J'en ai rêvé de ma villa avec piscine en Espagne, et j'ai fini par y passer mes vacances.
Et oui, sauf que dans le rêve la villa n'était pas au milieu d'un lotissement allemand. Détail ? A voir.
Les allemands ont de commun avec les espagnols qu'ils sont bruyants, quoi qu'à des heures très différentes.
Un allemand ça se lève tôt, et ça se couche à l'heure où les Espagnols vont dîner.
Autre point commun, ils écoutent de la musique merdique, quoi qu'avec des paroles dans leurs langues respectives.
Encore un point commun, ils aiment la cuisine grasse, quoique l'origine de la graisse soit animale pour les uns, végétale et même résolument issue de l'olive pour les autres.

Bref, l'Espagne au mois de septembre, sur les côtes de la Méditerranée, c'est un peu l'Allemagne. Comme en Bavière, les menus des restaurants sont rédigés en allemand. Comme en Bavière, il pleut, quoique moins longtemps, mais beaucoup plus fort. Et comme en Bavière, on vous regarde d'un air complètement ahuri quand on parle espagnol dans un magasin.

10 août 2005

Elle est beeeeeeeelle !
Half Posted by Picasa

Izieu

La visite du musée-mémorial de la maison des enfants d'Izieu a été une secousse. POurquoi donc ai-je voulu aller là, moi qui n'ai jamais envie de rien faire ? Toute seule, en plus. J'ai l'impression de me traîner une vieille culpabilité par rapport à la déportation des juifs pendant la guerre. Bon, je n'étais pas née. A priori, j'imagine que mes grands-parents n'ont dénoncé personne, même s'ils n'ont protégé personne non plus. Mes parents, probablement non plus. Alors quoi ? La responsabilité de chacun par rapport à tous ? Une propension naturelle à l'auto-flagellation ?

En tout cas, je suis partie à Izieu un après-midi torride. Il faut d'abord dire, et je crois que ça ajoute une note dramatique à tout ça, que le village est magnifique, que la campagne est belle comme dans roman, le Rhône est majestueux comme dans une mauvaise littérature et on se croirait en Provence, quand, comme le jour où j'y suis allée, les cigales sont déchaînées et que l'herbe est très sèche.

Ensuite, on "visite". J'emploie ce terme à dessein, de façon ironique. Car ce n'est pas une visite, comment pourrait-on "visiter" un lieu pareil ? Il y a une exposition temporaire, une exposition permanente, dans l'ancienne grange. Pour plus tard, la maison.

Des extraits du procès de Barbie sont projetés, nulle part ailleurs on ne voit ça. C'est déchirant, c'est terrible, ça n'a pas de nom, cette mère qui a perdu ses enfants, et qui crie "pourquoi, alors que je suis plus vieille que cet homme, dois-je encore vivre ?" et elle a passé sa vie à porter avec elle le poids de ses enfants morts. Barbie, et ces étranges rides qui lui dessinent un sourire, on croit qu'il se fout de tout, et de tout le monde, et qu'il sourit.

Et il faut ensuite visiter cette exposition. C'est là que j'ai été giflée. Là, dans le terrible annuaire établi par Serge Klarsfeld, le même jour que les enfants d'Izieu, ont été déportés de nombreux juifs nés à Bouzonville, à Vaudreching, à Saint Avold, à Niederaldorff. Pourquoi dans le même convoi, le même jour ? Pourquoi ces Lorrains étaient-ils à Drancy ? Pourquoi tous ensemble ? Et je me suis aperçue qu'ayant vécu si longtemps en Moselle, je n'ai jamais entendu parler des juifs déportés. Personne n'a jamais abordé devant moi le sujet de ceux-là. Avaient-ils fui la Moselle ? POurqui auraient-ils été déportés en même temps ? Les a-t-on arrêtés en Moselle, amenés à Drancy, pour les déporter ensuite ? Si j'ose dire, ça n'a pas de sens. Comme si quelque chose avait du sens quand on parle de ça.

J'ai donc "visité" la maison. Ca ressemble à une grande maison de vacances, faite pour le bonheur. Et la gaîté pourrait être là, très vite. Les couleurs sont belles, les dessins des enfants un peu violents, mais les lettres pleines de naïveté, le monde de l'enfance est là tout entier, avec les grandes fenêtres qui donnent sur la campagne si belle. On les imagine bien, là, l'été, se baignant dans le bassin, dévalant les collines, pour un peu on les entendrait rigoler.

Mais on entend le bruit des bottes, aussi.

Et on repart avec au coeur un chagrin que rien ne chasse, et on se demande pourquoi tous les enfants de France ne vont pas visiter, une fois dans leur vie, la maison des enfants d'Izieu.

Un blog pourquoi faire ?

Comme prévu dès le début, je ne m'y suis pas tenue. Ca ne m'étonne guère, je ne me tiens à rien. Et pourtant, il s'en est passé, des choses.

01 juillet 2005

Quand tout va mal...

Que reste-t-il de l'enthousiasme, de la reconnaissance que l'on porte à la vie ?
Que reste-t-il de l'énergie et du bonheur d'être sur Terre ?
Que reste-t-il de la confiance qu'on a en soi, et en les autres ?
Que reste-t-il de l'ENVIE de vivre ?

24 juin 2005

24 juin

Mon bien aimé Saint Jean Baptiste. Je lui voue une tendresse particulière depuis toujours. Peut-être parce qu'il est le symbole de ces hommes condamnés pour notre bon plaisir. Peut-être parce qu'il me rappelle sans cesse ce que nous sommes capables (nous, les femmes) de faire pour obtenir la perte de quelqu'un. Peut-être parce qu'il me rappelle que nous pouvons obtenir tout ce que nous voulons d'un homme, et qu'en ce sens il est fragile.

20 juin 2005

Chasse à la baleine

On plante le décor :

1èrement : contre vents et marées, les japonais chasseront au harpon les baleines pour les manger, sous couvert de recherche scientifique.
2èmement : Tout le monde sait que c'est pour les manger.

On se pose des questions :

1ère question : puisque les instances internationales qui sont censées réglementer ce genre de choses ne servent à rien, pourquoi fait-on semblant de croire qu'elles sont utiles ?

2ème question : pourquoi n'y a-t-il pas de mesures de rétorsion à l'encontre du Japon ?

3ème question : quelque part dans le monde, quelqu'un pense-t-il qu'en France nous avons tort de tuer les loups, de manger les grenouilles, d'éplucher des visons pour en faire des manteaux, et a envie qu'on nous condamne comme j'ai envie que l'on condamne le Japon ?

On développe :

A cette 3ème question, je pense pouvoir répondre, sans me tromper : oui.

Conclusion :

Ai-je tort de poser les 2 premières ?